Une âme effleure l’âme d’une fleur

Une fleur attire toute mon attention. L’endroit est couvert de centaines de fleurs toutes aussi belles les unes que les autres. Oui, mais il y en a une qui se dévoile particulièrement. Elle est à peine visible, protégée par l’ombre d’un petit rocher. Je l’aperçois, car justement l’ombre n’est pas entière,  une lumière fluette se disperse, s’envole de ses pétales. Comment cette petite fleur peut exprimer si discrètement sa présence, alors que le soleil donne des éclats colorés en profusion tout autour de nous ?

Je me dirige vers le rocher  attiré comme un aimant. Ce n’est pas uniquement  le désir de découvrir une fleur particulière qui me fait avancer. C’est aussi la perception de quelque chose de mystérieux qui me guide sur l’instant.

Tout ce qui se passe autour de moi est bien présent, je capte la chaleur du soleil, je m’enivre de la multitude des parfums  et de la complexité du mélange fleuri. Nu pieds je découvre  à chaque pas la souplesse, la douceur de l’herbe. Le vent se faufile dans quelques mèches de mes cheveux. Il participe au mouvement, il semble me pousser délicatement vers le rocher. Il y a un lien subtil qui me guide vers cette fleur.

Je me suis rapproché, il ne reste que quelques pas à faire et je suis très près de la fleur. Elle se détache de l’ombre du rocher, elle diffuse  une lumière apaisante, captivante. Mes yeux sont posés sans efforts, sans contraintes sur la forme harmonieuse qui se devine.

L’instant est doux à vivre. Je désire réduire l’espace entre elle et moi pour la contempler  plus en détail. J’aimerais voir le dessin  de ces pétales, leur couleur. J’aimerais percevoir ce qui se dégage d’elle.  J’aimerais poser délicatement mon nez au dessus et capturer son parfum.

J’avance d’un nouveau  pas, et il me semble que l’ombre a repris son pouvoir. L’éclat de la fleur s’est éteint progressivement. Je suis troublé. Mais un sentiment de déception  m’envahit. Je ressens et je sais que je ne peux pas m’approcher plus. Cette fleur ne désire pas  dévoiler sa pureté tellement évidente. Sa beauté profonde s’offrira  le moment venu,  la patience est essentielle.

Je recule d’un pas. L’ombre s’incline, et je redécouvre alors le spectacle. La douceur se diffuse de nouveau dans l’espace. J’ai la sensation d’avoir effleuré son âme ! Ce qui se passe est étrange, le phénomène observé ne fait pas pensé à un système de défense ou de protection. Cela ressemble à une volonté d’échanger d’une façon plus fine et subtile.

En revenant demain, et les jours suivants, je pourrais petit à petit me faire adopter. Et peut-être la découvrir intimement. Son éclat, sa beauté sera le simple reflet de mes intentions.

Ma reine d’une nuit.

En pleine nuit, j’entends un claquement de fenêtre. Il me semble que c’est celle de ma chambre, je dors, je suis trop bien et je ne veux pas sortir de mon sommeil. Je laisse alors juste filer les pensées et la peur avec. Mon corps et mon esprit sont entièrement relâchés , c’est agréable. Quant à mon âme, elle me paraît apaisée et étrangement éveillée. C’est une situation qui me baigne dans un état modifié de conscience. Mon âme  semble rechercher la présence de quelque chose ou plutôt attendre l’arrivée de quelqu’un.

Me voilà en train de basculer dans une dimension inconnue, je ne sais pas vraiment si je rêve ou si je suis parti dans  un voyage presque hypnotique.  Je remarque  que la fenêtre est bien entrouverte, et je sens une présence dans la pièce. Elle est légère, parfumée et bienveillante. La chambre semble totalement embaumée par un mélange suave d’odeurs sauvages, animales et  boisées. Je ne m’inquiète  pas, il n’y a aucune menace, bien au contraire une sensation de paix m’envahit. Je deviens l’enfant émerveillé  qui s’ envole dans un pays imaginaire et qui ne veut pas encore ouvrir les yeux, qui attend le bon moment.

J’ai la tête bien blottie dans l’oreiller, je n’ai pas bougé , je suis à l’entière  disposition de l’instant. Chacun de mes sens est en alerte pour percevoir le moindre mouvement de cette présence. C’est un léger passage d’air m’effleurant la joue qui  m’alerte d’un changement. En effet, quelque chose s’avance, c’est très proche  du lit. Le drap se lève derrière moi. Mon cœur se met à pomper plus fortement et s’accélère doucement. Je me concentre sur ma respiration pour la calmer et retrouver un état plus posé. C’est une fée, elle est là contre moi, je sens une douce vague de chaleur m’envahir avec une tendresse infinie. Je suis ailleurs, elle m’a enveloppée dans ses ailes.

Je ne veux pas quitter cet état de bien-être magique. Un certain temps s’écoule avant de reprendre contact brutalement avec les draps et mon oreiller. Et je ne sais pas pour quelle raison, mais j’ai ouvert les yeux, mon mental a repris le dessus et se questionne : « suis-je en train de rêver ou est-ce la réalité ? ». Je commence à peine à vouloir me tourner, que  cet être fascinant se délie, se libère  et s’échappe. D’un seul coup, toute l’ambiance est aspirée par la fenêtre, la magie s’est envolée.

Je me glisse hors du lit, j’ai cru voir quelque chose tomber sur le sol tout proche du mur. Dans la chambre, il ne fait pas froid, l’air extérieur qui entre est pourtant frais. Tout cela me paraît étrange. Je dois poursuivre ce fabuleux rêve… Je m’approche de la fenêtre et en effet il y a  une plume abandonnée sur le parquet. Je m’accroupis et la prend pour la déposer dans le creux de ma main. C’est chaud, agréable, et j’ai l’impression de sentir un petit cœur battre dans ma main.

Je me relève.  Je suis nu, la fenêtre est grande ouverte et je ne ressens toujours aucune sensation de froid. Je m’appuie sur le rebord, je regarde vers la forêt en cherchant une agitation, un signe pouvant m’indiquer la présence de quelque chose de particulier. Il n’y a pas de mouvement.  Dans le ciel étoilé, c’est trop difficile de distinguer une forme quelconque. La fée est déjà loin, c’est malheureusement évident.

Je ferme les yeux, pour laisser l’inspiration venir et  percevoir une idée. Ce n’est pas une intuition qui vient m’aider : Je sens une métamorphose qui commence  à s’opérer en moi. Mes perceptions évoluent et deviennent de plus en plus aiguisées. Ma vue change, je ne me limite plus, je distingue tout dans cette nuit profonde. Je vois loin, j’arrive a percevoir sur le sol au bout de l’enclos, une souris se faufilant discrètement dans un tronc. J’entends le moindre déplacement dans la forêt. C’est énorme, il y a une vie incroyable dans les sous-bois.  Ça bouge de partout comme  une immense fourmilière. Certains bruits que je reconnais  m’attirent plus que d’autres. Puis je sens ma respiration se modifier, elle se fait plus active, plus profonde et plus douce, elle est collée au pulsation du cœur. Mon rythme de vie a carrément changé, je ne suis plus humain, je suis animal. Je découvre une harmonie fabuleuse qui œuvre en moi. Quel bonheur, tout semble parfaitement orchestré.

Je monte sur le rebord de la fenêtre. Et je vois mes pieds se rétracter. Mes ongles, mes doigts se transforment en de puissants ergots. Perché sur le rebord, je suis parfaitement stable et à l’aise. Mes bras sont aussi en pleine métamorphose, une puissance se dégage désormais de mes épaules. Des plumes naissent une à une à travers ma peau. Mes bras sont devenus des ailes. Je les déploie dans toute leur longueur. Quelle sensation de liberté ! Je me sens oiseau, je suis dans le corps d’un rapace. Je pousse alors mon premier cri pour annoncer ma nouvelle vie. Et un magnifique hululement sort de mes tripes. Quelle intensité sonore  !  J’en suis arrivé à me faire peur, un cri terrifiant à vous glacer le sang est sorti de mon corps. Je deviens le roi, le maître des nuits de la forêt . Je suis le grand-duc.

J’hésite cependant à prendre mon envol, je me sens maladroit avec ces nouveaux membres ailés. Et pourtant je suis fait pour ça : pour m’envoler dans ce ciel, et danser avec les étoiles.

J’exécute quelques battements d’ailes pour m’imprégner de ces nouveaux gestes. Je m’élance dans les airs, non pas attiré par le sol comme un vulgaire saut à l’élastique,  mais attiré par l’horizon pour m’évader. Je suis porté par l’amour de voler. C’est un moment de magie incroyable. Mon premier vol est irrégulier,  frisant le ridicule dans les premiers temps, mais les sensations s’affinent à chaque battement d’ailes. Après quelques secondes, je me fonds dans  l’air, et je glisse. Nul besoin d’efforts pour vaincre la gravité , c’est naturel d’être aérien.

Je ne fais plus attention à ce qui se passe autour de moi, je le sais. Je m’appuie sur mes ailes pour me déployer et monter, je veux toucher la Lune. Je tire, je pousse, je donne tout. Quel bonheur ! Je n’ai jamais été aussi proche de l’astre d’argent. Sa beauté m’apaise. Je capte son énergie, je me purifie dans la subtilité de ses rayons. Me voilà satisfait, rempli de gratitude, je me laisse alors planer, j’ai une vue incroyable, je suis le roi des airs, je profite de l’instant. L’ivresse me reprend, je replie mes ailes et  pique droit sur la forêt, j’ai envie de jouer, de me faufiler  entre les arbres.

La vitesse ne cesse de s’accroitre, et la terre s’ouvre à moi. Une confiance s’installe avec ces nouveaux ressentis, et l’allure est maintenue pour pénétrer à travers les chênes, les pins. La notion d’obstacle m’est inconnue,  aucune peur ne m’envahit. Les gestes demandés pour virer d’un côté ou de l’autre sont infimes, les réactions sont immédiates et ma trajectoire frôle l’inimaginable. Je suis un fauve dans les airs, agile, puissant et précis.

Je suis guidé vers un arbre particulier, un chêne majestueux qui impose sa force et sa sérénité au cœur des bois. Je vais m’y poser. Mon approche est hasardeuse, limite un peu dangereuse, mais réussie pour une première fois. Je suis galvanisé par toutes ces émotions et surtout par la finesse de mes perceptions. Celles-ci ne sont pas tout à fait au maximum. En effet, je n’ai pas remarqué une divine présence. Ma fée m’apparaît sous les traits d’une majestueuse chouette. Je ne suis plus seul, sur la branche légèrement au-dessus de moi se trouve une Reine !  Ma Reine d’une nuit. C’est Elle. Je reconnais son plumage, sa vivance et son parfum. Ces ailes sont sublimes, son regard est mystérieux.

Je suis nu, rien ne me protège, tout se dévoile devant cette beauté ! Elle lit en moi juste l’espace d’un battement de paupière. Le temps d’un autre clignement, voilà ma reine disparaitre à travers les branches. Ma réaction est des plus lentes, il me reste encore une part d’humain. Me voilà parti  à sa poursuite. Je l’entends au loin chanter pour signaler sa trajectoire…

Une peur s’installe en moi, celle de redevenir humain et de me réveiller. Il suffit d’y penser trop fort pour que cela arrive. C’est terminé pour cette nuit. Le voyage est fini! Ce n’est pas cette fois-ci que je serais couronné par cette Reine de Beauté qui vient souvent me rendre visite.

Écris sur Moi : de la délicatesse à l’extase

Je pose mon regard sur cette magnifique page blanche. Elle est là, entièrement nue et allongée devant moi. Elle m’inspire, je sens un frémissement léger dans ma main droite comme si chacune des cellules s’étaient réveillées, attirées par cette virginité.

Je ferme les paupières pour accueillir tout ce qui se passe en moi et autour de moi. Cette feuille  s’est levée, je la devine juste a côté de moi. Sa nudité rayonne, et m’envahit l’esprit de multiples pensées sensuelles. J’ai senti son odeur discrète me caresser à son passage.  Cette présence est empreint d’une féminité  redoutable. Elle laisse un léger souffle glisser entre ses lèvres et l’air chahuté  vient effleurer le bas de ma nuque.  Je la sais derrière moi, je m’abandonne totalement.

Doucement sur mes yeux, je reconnais un morceau de soie se poser. Je savoure la finesse du tissu qui n’est que le prolongement de sa peau. Elle serre avec assurance ce bandeau qui me plonge au fond du lac du désir . Tout est volupté et je veux me noyer. Je suis son éternel prisonnier  et je me laisse guidé par cette muse amusée. Elle a retiré tous mes habits et nous voilà tous les deux dénudés.

Elle s’éloigne de moi, et en percevant comme un bruit de drap qui glisse, je comprends qu’elle s’est allongée devant moi. Elle  m’attends, elle s’ouvre à moi. Et moi je veux ouvrir mon cœur, écrire quelques mots et l’aimer. Je veux laisser mon âme s’exprimer avec une infinie tendresse. Je veux déposer une phrase tout en délicatesse.

Je saisis alors ma plume du bout des doigts et une douce chaleur se diffuse dans chacune de mes mains, pour remonter  le long de mes bras, et se propager insidieusement dans les épaules et le dos.  En très peu de temps cette sensation s’empare de tout mon corps.

Très lentement j’approche alors la pointe de ma plume. Les yeux fermés, je suis délicieusement guidé, je sais où  embrasser cette feuille. Je frôle sa peau et ressens un frémissement. Je fais glisser ma plume sur son corps, qui lâche prise et se laisse submerger par des flux de plaisir. Tous les mots se dessinent un à un dans une danse souple et suave. Puis, je relève la plume pour marquer le point final, le désir est à son apogée. Le temps est suspendu tout comme nos corps. Je reviens  et dépose  les dernières gouttes d’encre. Sur ce dernier mouvement, nos orgasmes explosent dans une harmonie incroyable. C’est l’extase…

Photo : Emilio Jiménez. Site WordPress de MedlinyElle.


Pour ce texte, je désirais écrire sur la Délicatesse.  Une photo vue sur le superbe blog de MedlinyElle.  Cette photo m’a subtilement troublée : je m’étais imaginé poser une perle d’eau sur une fleur avec un geste extrêmement  délicat. 

En commençant à écrire les premiers mots, je me suis laissé emporter par une vague de sensualité indécente. Je me suis mis à aimer une feuille blanche  qui n’attendait  que délicatesse.  Et lorsque l’entente est  parfaite, le désir  et les plaisirs mènent magnifiquement  à l’extase…. 

Merci jolie muse pour cet instant si délicieux et vraiment  Unique. 

Fred

L’amant et le secret de l’orchidée 

Les amants sont enlacés au fond de la serre à orchidées dans un petit coin à l’abri des regards des employés. Ils échangent quelques baisers et caresses pendant ces courts instants volés. 
Lui, c’est le chef  jardinier, il dessine, il compose avec les fleurs, il crée la beauté tout autour du palais du roi. Elle, c’est la reine, elle s’est éprise de cet homme le jour même où il s’est présenté à cet endroit, pour  prendre ses fonctions. Elle est tombée sous son charme , lorsqu’elle le vit cueillir une orchidée. Elle avait senti une extrême sensibilité  dans les gestes du jardinier malgré l’imposante force dégagée par son corps charpenté. Elle avait perçu beaucoup de délicatesse quand il caressait du regard la fleur. Elle avait accueilli un désir brûlant envahir son corps lorsque les doigts de l’homme remontait lentement la tige de l’orchidée pour ensuite la saisir avec une infinie tendresse. Elle se voyait succomber à des plaisirs raffinés et charnels  en se laissant aller entre les mains de ce bel étranger.
Chaque jour, ils s’empressent de se retrouver  pour vivre ces petits moments furtifs. Quelques fois, en fin de journée, lorsque tous les employés ont fini, ils font l’amour et s’évadent dans cet espace fleuri et finement parfumé. Cette fois, l’instant est bref, le roi attend son épouse pour partir en voyage. Les amants partagent alors rapidement un dernier baiser. Puis, elle ressort de la serre pour rejoindre le souverain. Elle n’a pas remarqué qu’elle était observée. A une fenêtre des dépendances, une femme la regarde, elle est cachée par un rideau. Personne ne peut l’apercevoir.  Cette femme est sa rivale, c’est l’épouse de son amant.

Le jardinier reste quelques heures dans sa serre, c’est son espace de création. C’est dans ce petit royaume qu’il peut admirer toutes les couleurs, les textures, les formes sensuelles des êtres qu’il cajole. Ce petit coin est le reflet de son âme, tout respire l’ amour et reflette la Beauté. Il se lance alors dans l’entretien délicat de ces trésors. Il arrose, il contemple, il effeuille, il s’embaume, il pose des tuteurs, il déplace quelques unes de ces créations, il sourit à d’autres et se confie à chacune.   Chaque geste est rempli d’une intention particulière. Chaque intention est empreinte de justesse et donne un caractère unique à chacune de ces fleurs. Il se sent en parfaite harmonie avec ce qui l’ entoure. On a l’impression que cette serre est peuplée  par mille fées. 

Le soir arrive, il referme précieusement son antre de paix et retourne chez lui. Il entre dans la maison et se dirige vers la salle de bains. En passant devant la chambre de son épouse, il remarque que la porte est légèrement  entrouverte. Il s’approche et en glissant un regard, il distingue la silhouette fine et gracieuse de celle qui l’a aimé et qu’il aime profondément. Elle est nue, il fait légerement sombre dans la pièce. Il devine parfaitement la douceur de sa peau. Le jeu des lumières fait ressortir l’harmonie de ses courbes. Les contrastes soulignent la cambrure de ses reins, dévoilent le dessin de ses seins et subliment la finesse de sa nuque et de ses épaules.  De la mélancolie l’envahit a la vue de sa fleur, de sa princesse orchidée qu’il a tant chérie. Il laisse les pensées défilées, il revoit tous ces moments de bonheur s’éparpiller dans son esprit et s’éloigner. 

Il y a un immense vide en lui, ce vide est présent depuis le jour où celle avec qui il a formé un couple unique pendant de nombreuses années, s’est enfermée dans un silence lourd. Il sait  que le coeur de sa femme a été pris dans une autre relation et a été blessé sans pitié par un passager saisonnier. 

Elle n’avait jamais voulu lui avoué cette trahison et laissait le silence pesé sur les interrogations de son mari. Ce secret parfaitement gardé a creusé un immense vide d’affections et d’amour en lui,  qu’il n’arrivera jamais à combler avec ces relations amoureuses bien trop légères. 

Même une reine aussi amoureuse et aussi belle soit elle  ne pourrait combler un vide creusé  par un secret aussi silencieusement étouffé. 

Le croche-patte de l’ange.

Tu as trébuché, tu t’es retrouvé dans mes bras, collée tout contre moi. Tu as levé  la tête  et j’ai laissé mon regard fondre dans le tien.   Mon âme s’est infiltrée, attirée par une force subtile, en ton être . Il m’ a semblé disparaître en  toi,  en épousant l’intégralité  de ton corps, en m’infiltrant dans tes veines, en carressant  la moindre de tes cellules.

Pendant ce bref instant. Je me suis senti happé  par une énergie magnétique. J’étais guidé et j’ai carressé ton âme.

Tu as trébuché, je t’ai gardé dans mes bras. Chaque jour passé jusqu’à maintenant,  j’ai marché dans tes pas et tu as marché dans les miens. Un lien puissant s’est tissé avec ces filaments magiques de l’amour.

Nos chemins se sont séparés mais l’essentiel est fait. La fusion si recherchée pendant ces années, a été réalisée à l’instant même où nous nous sommes rencontrés.

Comment découvrir et dévoiler  ce secret , ce mystère caché par nos âmes. Qui a part elles, peut savoir ce qui s’est  passé, et ce qui se passe encore désormais ?

Peut-être cet ange ? Celui même qui nous a devié de nos trajectoires avec ce légèr croche-patte , celui qui a changé  nos destins et bouleversé nos vies.

Merci petit ange. Au delà de la vie, il y a la Beauté.

Nos âmes sèment l’amour.

Nos âmes se sont reconnues lorsque nos regards se sont croisés pour la première fois. Le temps s’est arrêté et les dès étaient jetés.

Nos corps se sont aimés  lorsque nos lèvres se sont touchées pour la première  fois. Ce baiser n’était pas passionné, il était tendresse et volupté.

Nos esprits  ont été  chamboulés lorsque nous avons fait l’amour  habillés pour la première fois. Le désir puissant de se mélanger est monté et un plaisir profond a été échangé.

Nos êtres étaient complets lorsque nos corps étaient collés. Un sentiment d’unité venait nous combler bien avant de se fondre dans une tendre intimité.

Un Amour est né, nos âmes ont fusionné. Il a fallut se séparer et nos corps plusieurs fois se sont éloignés.

Désormais, à jamais, nos âmes s’aiment, et elles sèment l’amour autour d’elles, même si nos êtres ne savent plus se rapprocher.

L’acte amoureux, la fusion des sens 

Les amants sont enlacés, allongés sur le lit, apaisés. Leurs corps enchevêtrés sont comme des flammes d’un doux feu. Elles ondulent langoureusement l’une contre l’autre. Leur zone de fusion épouse le mouvement avec de légers frissons.  On se sent attiré,  absorbé par la densité de ces deux flammes. Et tout comme le feu, leur sensualité est fascinante.

Quelques instants auparavant le feu s’est  exprimé avec ardeur. La force de leurs sentiments s’est extériorisée,  leur orgasme se sont échappés pour se rejoindre. Un volcan s’est réveillé, a explosé avec rage : L’extase a jailli avec une puissance incontrôlée.

Sur la table de nuit, une bougie émet une douce lueur qui permet aux amants d’échanger des regards chargés de complicité et d’ ébahissement.

Ils se disent alors que l’acte amoureux est un véritable mystère. Il n’ont pas de mots pour  définir les choses vécues. Ils se sentent souvent dépassé par ce qui se crée en eux, par ce qui est généré.

Pour ces amants éternels, chaque acte possède sa nuance, et est perçu de façon différente. Ils ne peuvent pas « mémoriser » ce qui se passe et comprendre ce qui le rend unique. Il demeure juste en eux des traces d’avoir vécu quelque chose de beau  une nouvelle fois. Tel un coucher de soleil, l’ instant est unique. Un jour il sera posé avec certaines couleurs  sur un léger voile nuageux.  Un autre jour,  le ciel sera différent, d’autres nuages seront dessinés, le paysage aura changé. C’est Unique !

Ils ont fait l’amour, ils ont juste accueilli ce qui s’est passé sans rien rechercher. Leur mental s’est éloigné et les choses se sont enchaînées délicieusement.

Ils ont échangé l’amour, ils étaient totalement dans leur corps. Pour eux faire l’amour : c’est goûter et donner une subtile caresse, c’est percevoir une délicate odeur, c’est offrir un baiser d’une finesse extrême, c’est ajouter une parole tendre, c’est être touché par  une intention particulière.

Lorsqu’ils sont nus l’un contre l’autre, tous leurs sens s’affinent et finissent par s’entremêler. Ils ne distinguent plus ce qui procure le plus de plaisir, ce qui s’exprime le mieux en eux. Toutes les émotions, les ressentis  s’entrelacent à l’image de leur corps. Les amants atteignent subtilement  la température de fusion magique des sens. Chaque sens contribue à la création d’un seul: le sens de l’unité !

Se séparer par hasard…

L’idée est fort séduisante. 

Le hasard est un véritable chef d’orchestre avec une baguette magique. Il manipule le temps et l’espace, il organise avec brio de belles rencontres. Il retire un zest de secondes à un homme pour être en retard, et il ajoute ce laps de temps à une femme pour être en avance, pour que leurs regards se croisent dans la rue. À eux  de saisir, alors, cette chance pour vivre une belle histoire. 

C’est le coup de foudre. Les futurs amants se sont reconnus pendant ce bref instant d’une seconde ou deux. Ils ont pourtant cette fabuleuse  sensation qu’il s’est écoulé  beaucoup plus de choses dans leur corps et dans leur esprit.   Quand le temps se dilate ainsi, ne serait-ce pas un morceau de l’éternité que ces êtres auraient goûté ? 

Et si le hasard pouvait aussi les aider à se séparer dans la magie avec douceur, en écartant chacun des amants pour éviter la souffrance d’une rupture. 

Et si le hasard, avec ces doigts bienveillants pouvait séparer les destinées comme on recueillerait délicatement les stigmates rouges du crocus à safran. La fleur resterait belle et le nectar récolté serait parfumé.

Lorsque l’amour est profond, les deux âmes peuvent s’éloigner, l’univers les a réunis ailleurs pour l’éternité.