L’écume des anges.

Flamboyance douce du soleil couchant,

Texture fine du bleu ciré de l’océan,

Mélodie  sensuelle des vagues salées,

D’écume d’anges les amants enrobés.


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Crédit photoSur le net. 

 Avec « Sunderland Noctilucent Cloud Display », Matt Robinson figure également parmi les trois finalistes de la catégorie « Skyscapes ». Cette photo a été prise sur une plage de Sunderland, dans le nord de l’Angleterre, le 7 juillet 2014.  MATT ROBINSON

Juste Bouleversant de Beauté. 

Sur place, je verse une ( plusieurs ) larme(s) de gratitude.
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En retard, trop tôt !

 J’entends du bruit dans les fougères sur ma gauche un peu plus loin. Je suis immobile et à l’écoute pour repérer le coin d’où provient exactement ce petit chahut. Sur le chemin, au coeur de la forêt, j’avance pas à pas pour me rapprocher de l’endroit présumé. Je distingue enfin du mouvement dans les larges feuilles vertes. Ce n’est pas une grosse bête, c’est plus discret. Je poursuis, je suis tout proche. La bestiole cachée derrière, ne m’a pas perçu et s’affaire de plus belle.

Je dégage doucement une feuille et sans plus attendre, je vois un magnifique lapin blanc détaler entre mes jambes avec une vitesse surprenante. Quel culot ! Il a pris peur, mais c’est fait plaisir en jouant au voleur agile. Je souris au fond de moi. Je me retourne et je le vois s’éloigner sur le chemin. 

Arrivé à une distance raisonnable pour une proie, il s’arrête, se retourne et me lance un regard rempli de malice. Dans mon esprit, les pensées se bousculent :  » Il se moque de moi. Mais qui es-tu drole de panpan  ? Quel lutin se cache en toi ?  » Je souris car mon imagination s’emballe : Je me vois aspiré dans le pays des merveilles d’Alice. J’ai glissé dans le terrier, et me voilà avec le lapin blanc aux yeux roses. 

Tout comme la blonde Alice, je me dis qu’il n’y a rien d’exceptionnel finalement, c’est normal de voir ce genre de specimen dans cette forêt landaise. Et c’est extraordinaire d’entendre le Lapin Blanc chanter : « Je  suis trop à la bourre, trop a la bourre ! quelle idée de chercher des fleurs dans ce coin paumé, dans ce labour ! ». Je me dis que c’est aussi naturel, qu’il soit habillé d’un gilet en cuir noir et qu’il regarde sa montre connectée ». Et surtout qu’il chante un peu comme Christophe Maé, sur un rythme gai et plein de Peps.

J’entends le son typique d’une notification d’un sms : « Message… message … message ». Le Lapin Blanc regarde l’écran design de son gadget connecté. Il semble plus rassuré. Après un petit temps d’hésitation,  il décide de se rapprocher de moi. Je suis ébahit par son assurance. Il est là, devant moi, dans un monde merveilleux. Il me fait part du sms : « Prends ton temps! Je vais avoir quelques minutes de retard ».

Il me regarde et m’adresse la parole : « Mon vieux a toujours eu l’impression d’être en retard! Et il m’a refiler son angoisse. » Il souffle et reprends : « Et là c’est cool car je peux prendre mon temps. Tu sais ! Je vais voir ma Belle demoiselle pour la deuxième fois ! Je suis amoureux grave. Je suis raide-dingue.   Je suis Dingue! Dingue! Dingue ! Et j’ai envie de lui dire que je suis dingue. Pffffff !!! Mais, Je ne sais pas ! J’ai l’impression que c’est trop Tôt ? J’ose pas m’emballer… »

Je le regarde. Je le comprends car j’ai vécu exactement la même situation. Alors je lui sors simplement : « Laisse les choses faire, et tu verras sur le moment si la belle demoiselle est prête à recevoir ce que tu as envie de lui dire. Tu auras des signes ! File tu va être en retard« . Et elle va s’envoler comme une hirondelle. »

Le mot lui fait peur, il sursaute. Et quel culot ! Il passe de nouveau entre mes jambes comme la fusée Ariane. Il ne sera pas en retard.  

 

chapitre2

Paroles de « Belle demoiselle » ; Christophe Maé. 


Hum, Belle demoiselle
Qui se presse dans l’allée
Sa démarche lui donne des ailes
Mais j’ose pas m’emballer
Si jamais, je m’approche d’elle,
Aucun doute elle, s’envole
Comme une hirondelle


Et les paroles dans le dessin animé De WALT DISNEY  :

Alice : Mais enfin Dinah, ce n’est qu’un lapin avec une veste… Et une montre !
Lapin Blanc : Oh par mes moustaches, je suis en retard, en retard, en retard.
Alice : C’est très curieux, ce lapin est en retard, pourquoi faire ? Eh monsieur !
Lapin Blanc : En retard, en retard, j’ai rendez-vous quelque part, je n’ai pas le temps de dire au revoir, je suis en retard, en retard.
Alice : Il faut que ce soit très important, une fête ou quelque chose de ce genre. Monsieur lapin, attendez-moi.
Lapin Blanc : Non, non, non, non, non, non, non, quelqu’un m’attend, vraiment c’est important, je n’ai pas le temps de dire au revoir, je suis en retard, en retard.

Journal intime d’un banc.


J’ai vu le jour, Il y a plus d’un siècle dans le grand parc de mon concepteur, monsieur Émile Flechazo. C’était un homme passionné par la nature et particulièrement par un arbre, un chêne qui avait vu passé plusieurs générations avant ma venue au monde.

Cet arbre majestueux, a vu les premiers pas et caché les petits trésors d’ Émile pendant sa petite enfance. Il a été très tôt le seul confident de ce garçon très sensible. Il a essuyé tous les chagrins d’amour de l’adolescent, il l’a aidé à reprendre confiance en la vie. Il  a été bien sûr  le spectateur et le complice de nombreux moments d’intimité du jeune homme pendant les longues vacances d’été.

Émile Flechazo  a été amoureux de cet arbre et surtout d’une jeune fille au visage de fée. Les jeunes amants avaient partagé une seule et inoubliable nuit de tendresse  sous la bienveillance du chêne. L’amour les a réunis ce fameux soir, et, un terrible orage les a séparés cruellement le lendemain. Ils se sentaient invincibles, protégés sous ce massif et  imposant feuillu en cette journée orageuse d’été. Malheureusement, la foudre attirée par cette force végétale  a montré sa puissance en s’abattant sur le géant. Une seule branche a faibli et s’est effondrée sur le couple. Elle a été meurtrière. 

Le jeune homme ne pouvait en vouloir à son ami protecteur. Il leur a fallu du temps, à tous les deux pour accepter la mort de la jeune fille et la fin d’un amour si pur.

Pour celle qu’il a aimée, monsieur Flechazo décida  de me concevoir en travaillant la matière de cette branche innocente. Il créa ainsi plusieurs pièces avec ce bois noble, à l’image de ses pensées, avec la plus tendre intention. Il a taillé dans la masse ce qu’il y a de plus robuste. Il  a passé des heures à dessiner, à scier, à poncer, à façonner  des planches uniques.

Une fois posé sous le chêne, j’étais devenu l’incontournable du parc. Les gens venaient pour deux minutes ou de longues heures en toute saison. J’ai vu de nombreuses fesses se frotter, des pieds me provoquer, et des amoureux s’embrasser.  Mais je n’ai jamais ressenti  jusqu’à présent, un désir d’aimer aussi puissant et intense que celui vécu par Émile. C’était au delà d’une passion dévorante, c’était un grand Amour naissant.

Chaque an, depuis ma création, le couple se réuni et s’installe pour un court instant  à l’abri du temps, figé pendant un fragment d’éternité. Je sens la vie s’exprimer dans ma structure. Leurs corps prennent forme au cœur de ma matière. De chacune de mes cellules naissent leur chairs, leurs os et leur passion. Je me délecte de leur présence, et c’est par les veines de mon bois que circulent l’essence de leur Amour. D’une Statue de bronze, les amants n’ont que l’apparence, car la légèreté de leurs âmes me permettra de les porter encore de nombreuses années.

Papillon de nuit.

A la blancheur de toute une nuit,

Mes ailes sous les draps,

Étaient encore agitées.

Les symptômes du coup de foudre amoureux : 

Notre corps  est le baromètre émotionnel idéal pour s’apercevoir d’un changement de climat amoureux. Il est  perfectionné et extrêmement fiable ! C’est essentiel de faire taire le mental et d’écouter toutes ces sensations pour reconnaître le coup de foudre.

Le cœur est le premier à savoir que vous venez de rencontrer l’amour. Il vous avertit avec l’apparition de palpitations plus ou moins douces. C’est formidable  !  Le cœur, cet organe qui vous fait vivre, c’est bien sûr lui, qui vous montre qu’il aime…

S’ensuivent alors de nombreux autres symptômes, parmi lesquels figurent des subtiles bouffées de chaleur, des joues qui rougissent timidement et surtout une agitation insidieuse dans tous les membres. Cette agitation me fait penser à des ailes de papillon bloquées sous le un drap….

Passer une nuit entière à battre des ailes sous les draps n’est pas fatigant, c’est palpitant…

A la blancheur d’une nuit

A la blancheur de toute une nuit, 

Allongé, j’ai dansé avec un émoi bien bouleversant. 

chapitre2

« À l’amour, à l’amour
À l’amour c’est quand je t’aime
À l’amour c’est quand tu m’aimes
Sans me le dire
Sans te le dire »

Paroles de chansons :  Marcel Mouloudji  . L’Amour, L’Amour, L’Amour